Cher collègue, je te hais !

Vous ne pouvez pas aimer tout le monde. Vous pouvez même détester pas mal de personnes dans votre entourage si cela vous chante. Mais comment faire quand vous haïssez un collègue désagréable dont vous jugez la personnalité incompatible avec la vôtre ?

Il y a les personnes avec qui vous sentez dès le début que vous n’allez avoir aucun, mais alors aucun atome crochu. Mais il y a bien pire : quand vous faites des efforts pour apprendre à connaître un nouveau collègue et qu’au bout de quelques semaines, vous n’en pouvez déjà plus !

Au bureau comme dans la «vraie vie », toutes sortes de personnalités s’expriment. Il y a les bavards et les trop bruyants, les faux gentils et les vrais paresseux, ceux qui font dix pauses clope par jour et ceux qui racontent toujours leur week-end en détail, les fanfarons, les malhonnêtes et les incompétents qui font semblant d’être à la hauteur.

Sauf que dans la vraie vie, on n’est pas obligés de partager le même bureau ou de travailler sur le même projet qu’une personne qu’on ne peut pas supporter.

Quand la relation avec un N+1, un collègue ou quelqu’un de notre équipe s’envenime, on a parfois l’impression que notre petit monde s’écroule. Car si votre job et le contenu de votre mission vous plaisent, les personnes avec qui vous l’accomplissez influent beaucoup sur la qualité de vie au travail.

Alors, que faire dans ce genre de situation ? Voici notre petit guide de survie pour réussir à travailler et garder votre sang-froid en présence d’un collègue insupportable.

Tempête sous un crâne!

«Je n’en peux plus de celle-là, elle est idiote », «Mon boss est insupportable »… L’être humain réagit de manière émotionnelle à la plupart des évènements. Même au bureau, on se laisse vite emporter par nos affects et nos passions.

Dans l’Éthique le philosophe Spinoza décrit cette malédiction où, divisé par une guerre intestine entre sa raison et ses passions, l’homme est en proie à la fluctuatio animi, ce déchirement que résume lapidairement la célèbre formule d’Ovide qu’il reprend à son compte : « Je vois le meilleur, je l’approuve et je fais le pire. »

Ce qui nous fait «perdre la raison », ça peut être la peur, le stress, la colère, l’agacement ou bien tout en même temps. Face à un collègue insupportable, il est assez courant de dresser rapidement un tableau sombre mais irrationnel de la situation alors qu’en réalité, vous le savez bien, il y a toujours une solution.

Conseil n° 1 : on reste calme, on évite d’exploser de rage au beau milieu de l’open-space. Cela ne veut pas dire qu’il faut ruminer mentalement pendant trop longtemps avant d’essayer d’apporter un changement à la situation.

Conseil n° 2 : Faire avec et se protéger. Un peu de stoïcisme dans un monde où nous sommes habitués à laisser parler nos sentiments avant nos pensées ne vous fera pas de mal. Oui, Michel est insupportable ; oui, Julie vous horripile, mais dans un premier temps, ce qui compte, c’est de continuer à bien faire votre travail.

Chacun sa technique : certains décident de prendre un air détaché, d’autres jouent l’ignorance. Dans tous les cas, protégez-vous au maximum de ce collègue qui vous empoisonne la vie et concentrez-vous sur vos objectifs personnels au sein de l’entreprise.

Identifier les causes du malaise

Mais pourquoi donc en est-on arrivés là ? Quels sont les facteurs humains ou matériels qui ont provoqué cette catastrophe relationnelle ? Première observation : il faut être deux pour entrer en désaccord. Et puis, comme on dit, on est tous l’imbécile de quelqu’un, alors si vous preniez le temps de faire le point avec vous-même pour commencer ?

Bien souvent, par effet de miroir, ce que nous reprochons aux autres, ce sont nos propres faiblesses et nos défauts. Ce qui ne veut pas dire que votre collègue n’est pas coupable, mais que les torts peuvent dans certains cas être partagés.

Conseil n° 3 : un samedi après-midi, au calme, prenez trente minutes pour coucher sur papier en phrases simples les raisons principales qui, selon vous, peuvent expliquer la situation qui vous tracasse tant.

Conseil n° 4 : listez de manière honnête ce que vous reprochez vraiment à votre collègue, votre boss ou votre stagiaire. Il va bien falloir crever l’abcès un jour ou l’autre.

Refaire connaissance avec votre collègue

Face à un collègue que l’on déteste, on a tendance à changer de trottoir dès que possible, écourter les réunions, décaler son horaire de pause déjeuner. Cela permet, il est vrai, de respirer un peu dans un premier temps.

Mais paradoxalement, plus vous vous éloignez de l’autre, plus le malaise a tendance à croître. La personne que vous détestez, à part si elle est complètement folle, se rend bien compte elle aussi que quelque chose ne tourne pas rond, soyez-en certain.

Alors, on ne vous demande pas d’arriver un beau matin devant le bureau de votre collègue et de lui parler à coeur ouvert pour lui dire ses quatre vérités. Il n’y a que dans les mauvaises comédies américaines que le niveau de drama doit atteindre son point culminant au bout de 43 minutes et se manifester par une scène de ménage à base d’assiettes cassées, d’injures ou de paires de claques théâtrales. Et puis, la minute d’après, tout le monde s’excuse, conscient de ses erreurs, on fait la paix et tout va bien dans le meilleur des mondes.

Conseil n° 5 : ouvrez le dialogue de manière subtile, par petites étapes. Ce n’est qu’ensemble que vous parviendrez à trouver un terrain d’entente pour ainsi vivre de manière paisible au bureau. Les propos peuvent varier, allant de « Pourrait-on en parler ? » à « Ressens-tu la même gêne que moi ? Je pense qu’il nous faut en discuter afin de trouver une solution ensemble ».

Si ça ne fonctionne pas

Vous avez tout essayé, et vous pensez que la situation ne changera pas ou alors qu’elle va empirer ? Gardez votre calme et surtout, ne commettez pas l’erreur qui consiste à diffuser des ragots dans le dos de votre insupportable collègue. Cela risquerait de se retourner contre vous en cas de conflit ouvert sur lequel la direction devra trancher.

Conseil n° 6 : ne vous vengez pas en critiquant ouvertement votre collègue, surtout si c’est votre N+1. Mais, pour ne rien oublier, vous pouvez documenter la relation houleuse que vous entretenez avec celui-ci : e-mails, rendez-vous annulés, commentaires de clients mécontents, description de situations insupportables, etc. Cela pourrait vous servir plus tard.

Conseil n° 7 : demandez de l’aide extérieure. Enfin, si la situation vous pèse, sachez que le service des ressources humaines (RH) de votre entreprise est là pour vous écouter et vous aider. Les RH ont une obligation de résultat en matière de santé physique et mentale des salariés. Là encore, l’écrit est très important. Vous ne supportez plus de travailler avec untel ou unetelle ? Faites-le savoir par mail au responsable des RH, en écrivant précisément (date, heure, lieu, propos tenus entre guillemets) par mail ce qui ne va pas, à condition que cela concerne le non-respect de certaines règles au travail. Celui-ci interviendra en tant que médiateur pour trouver une solution.

Travailler avec quelqu’un qu’on déteste n’est donc pas une fatalité. Vous avez des armes pour améliorer vos relations et votre quotidien. Servez-vous-en !

Quelles sont vos pires expériences avec un collègue insupportable au bureau ? Comment cela s’est-il terminé ? Et avez-vous vécu pareille situation avec votre manager ? Si oui, vous pourriez également être intéressé par cet article !

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